La Manche Libre 2/1/2004
Radioamateurs
Meilleurs vœux sur les
ondes.
" Nous jouons, à
l'occasion, un rôle important en matière de sécurité civile ".
Les radioamateurs ne sont qu'une petite centaine dans la région et forment une véritable famille de passionnés. André Heimbourger est le vice-président de l'association manchoise. Portrait.
Lorsqu'il a fait construire sa maison, non loin de Saint-Lô, André Heimbourger l'a d'emblée voulue avec une très vaste pièce au sous-sol, conçue et aménagée pour fabriquer son impressionnant – et fort encombrant – équipement de radioamateurs. Une présence signalée de l'extérieur par une forêt d'antennes et de paraboles garnissant le sommet du conduit de cheminée.
Dans son repaire, plusieurs heures par jour, cet ingénieur en retraite, fou de technique, se livre à sa passion dévorante, environné d'écrans, informatique ou de télévision, de micros, et d'une multitude de matériels électroniques sophistiqués.
" J'ai contracté ce virus à 12 ans, lorsque ma grand-mère, voyant mon goût pour la technique, m'a offert un poste de radio à monter. Plus tard, un radioélectricien m'a guidé dans mes premiers pas en me conseillant l'acquisition d'une radio à ondes courtes, avec laquelle j'ai entendu des radioamateurs converser entre eux ".André Heimbourger saute le pas et, après un examen passé avec succès, obtient vers 20 ans une licence complète de radioamateurs, avec l'attribution d'un indicatif propre qu'il affiche fièrement : F9CH. Pratiquement sans interruption de puis cette époque, il est en contact régulier avec des radioamateurs du monde entier, pour des conversations passionnées, l'un des principaux défis de chacun d'entre-eux étant d'établit des liaisons radio les plus lointaines possibles.
" Il y a deux types de radioamateurs, explique André Heimbourger : " celui qui s'intéresse prioritairement à la technique et celui qui recherche surtout les communications à longue distance ".
Grâce aux évolutions de la technique, les radioamateurs ont maintenant accès à tous les types de communications informatiques. " Des radioamateurs expérimentés utilisent la lune pour réfléchir les ondes, qu'ils captent au moyen de très grosses paraboles. D'autres encore se servent des nuages à cet effet ! "
L'été dernier, les conditions météorologiques exceptionnelles présentes pendant la canicule ont permis à des radioamateurs d'établit des transmissions télévisées sur des distances de près de 800 kilomètres : un exploit qui restera sans doute dans leurs annales puisque, en général, les distances en ce domaine sont d'une centaine de kilomètres. En communication constante les uns avec les autres, ce qui en fait une véritable famille, forte dans la Manche d'une centaine de membres, les radioamateurs n'oublient pas en cette période de l'année de s'adresser leurs vœux par dessus les continents. " Nous sacrifions à cette tradition en nous envoyant des messages par tous les moyens dont nous disposons ", commente André Heimbourger en montrant sur un écran informatique le message qu'il envoie à tous ceux avec qui il est en relation régulièrement.
Certains radioamateurs, cependant, ne pratiquent pas leur activité uniquement pour leur plaisir. Ils jouent aussi, à l'occasion, un rôle important en matière de sécurité civile. Regroupés au sein de l'ADRASEC (Association départementale des radioamateurs au service de la sécurité civile, que préside André Heimbourger, ils mettent leurs moyens radio au service des pouvoirs publics, afin de faciliter ou de compléter leur action. " Nous sommes intervenus en août 1999 à l'occasion de l'éclipse, puis cette même année lors de la tempête de décembre, enfin, lors du passage à l'an 2000, avec les craintes d'un bug informatique ". Non sans fierté, André Heimbourger se souvient que l'ADRASEC avait été sollicitée à l'occasion du déclenchement intempestif d'une balise de détresse d'un bateau, car celle-ci émettait en morse, un langage que seul, aujourd'hui, maîtrisent pour l'utiliser assez fréquemment.
À la recherche des balises de détresse
D'une manière générale, ces derniers peuvent intervenir lors de catastrophes aériennes ou de pertes de communication avec un avion, ou encore d'accidents divers. " dans ces cas là, nous qui sommes à l'écoute des différentes fréquences de appareils de communication, nous participons activement à la recherche des balises de détresse. C'est ainsi qu'a été trouvée la balise de l'Airbus qui, il y quelques années de delà, s'était écrasé contre une colline en Alsace ".
Sur un mode plus souriant, André Heimbourger évoque cette autre balise de détresse localisée à Saint-Lô par les soins de l'ADRASEC : elle se trouvait dans une carcasse de petit avion rapportée chez lui par un saint lois qui ne se doutait pas de sa présence et avait provoqué son déclenchement sans s'en douter !
Pratique. André Heimbourger, vice-président de l'association des radioamateurs de la Manche, Tél. : 02.33.57.41.79